Beaucoup de façades liégeoises datent de la fin du XIXe siècle ou de l'entre-deux-guerres. Leurs joints d'origine, à la chaux, ont souvent cent ans. D'autres ont été refaits au ciment dans les années 60 ou 70, parfois trop durs pour la brique.
Dans les deux cas, il arrive un moment où le joint ne joue plus son rôle. La façade se met à boire la pluie et les briques commencent à souffrir du gel.
Comment savoir si les joints sont à refaire ?
- Le joint est en retrait de plus d'un centimètre par rapport à la brique.
- Il s'effrite quand on le gratte avec une clé ou une pièce de monnaie.
- Des fissures suivent les joints en escalier, ou des briques bougent.
- Des taches d'humidité apparaissent à l'intérieur après une pluie battante, côté façade exposée.
- Le bas de la façade est plus abîmé que le haut, signe que l'eau ruisselle et stagne.
Si seuls quelques mètres carrés sont touchés, sous une gouttière qui déborde par exemple, une reprise locale suffit. Si le constat vaut pour toute la façade, un rejointoyage complet est plus économique à terme.
Combien coûte un rejointoyage ?
Pour une façade avant de 50 m², un rejointoyage complet coûte donc souvent entre 3 000 et 5 500 € TVA à 6 % comprise, hors échafaudage. Le prix grimpe avec des briques petites et irrégulières, qui multiplient les mètres de joint au mètre carré.
Chaux ou ciment : quel mortier pour quel mur ?
La règle est simple : le joint doit être moins dur et plus perméable que la brique. Sur une brique ancienne, cuite au charbon et assez tendre, on utilise un mortier à la chaux ou un mortier bâtard riche en chaux. Un joint au ciment pur, trop dur, empêche le mur de sécher et fait éclater les arêtes des briques.
Sur une brique moderne, dure et peu absorbante, un mortier plus résistant convient. L'entreprise doit justifier son choix et, sur une façade ancienne, accepter de faire un échantillon de teinte avant de lancer le chantier.
Quelle forme de joint choisir ?
Le joint plat, au nu de la brique, ou légèrement en retrait, est le plus courant à Liège. Le joint creux très marqué retient l'eau sur l'arête des briques et convient mal aux façades exposées. Sur une maison ancienne, reprendre la forme et la teinte d'origine garde son caractère.
Les erreurs à éviter
- Rejointoyer sans dégarnir : le nouveau joint, posé sur l'ancien, se décolle en quelques années.
- Dégarnir à la disqueuse sans précaution : la lame entaille les briques et élargit les joints.
- Travailler par temps de gel ou en plein soleil : le mortier sèche trop vite et fissure.
- Hydrofuger trop tôt : il faut laisser le mortier durcir plusieurs semaines avant un hydrofuge.
Dans quels cas le rejointoyage n'est-il pas la bonne solution ?
- Les briques elles-mêmes sont feuilletées et éclatées sur une grande surface : une protection par enduit ou une isolation par l'extérieur peut devenir plus logique.
- Les fissures traversent les briques, en biais : c'est un problème de stabilité, à faire voir par un ingénieur.
- L'humidité vient du sol, en bas du mur : les joints neufs ne l'arrêteront pas.